Affiche de Deux journées dans les Grands-Bois Livre | 2003 | Ivan Tourgueniev

Deux journées dans les Grands-Bois

On sait quelles furent les relations que Tourguéniev entretint bien sûr avec Pauline Viardot, mais aussi avec son mari, Louis, qui en bien des circonstances s’éleva au rang de bienfaiteur, de confident et d’ami de l’écrivain russe passablement malmené par l’existence. Homme de lettres, esprit fin et cultivé, Viardot maniait plutôt bien la langue russe, à ce point qu’il traduisit Pouchkine et Gogol en français.....C'est pourquoi publier «Deux journées dans les Grands-Bois» dans la version qu’en a donné Louis Viardot, même et surtout si les normes et les codes de la traduction littéraire ne sont plus les mêmes aujourd’hui, est une contribution non seulement à l’histoire de la littérature, mais aussi un témoignage discret sur une relation qui ne prit fin qu’avec la mort de Tourguéniev. On retrouve dans ce court récit dont le projet remonte à l’époque des Mémoires d’un chasseur, mais qui ne fut achevé qu’en 1857, condensés mais bien présents, les thèmes chers à Tourguéniev : une extraordinaire acuité dans la perception de la nature, le souci du portrait et l’intérêt qu’il porte aux manifestations les plus authentiques de l’humanité, le penchant méditatif conduisant le récit vers la tonalité des poèmes en prose, la préoccupation morale. La traduction de Viardot, publiée à la librairie Hachette en 1858 dans un recueil intitulé Scènes de la vie russe, malgré quelques tics d’écriture propres à l’époque, témoigne quant à elle de la parenté qui liait les deux hommes. E.M. (Source site éditions Alidades)