Collection « les essentiels »Un nom de collection peut avoir de multiples sources et ce faisant diverses significations. Il peut être un symbole, un signe, un sigle; il peut être un logo, un graphisme. Mais parfois il arrive quil porte sens, très simplement : celui du mot qui le désigne. Les essentiels, donc. Le nom de la collection sest imposé simplement, dans la plus grande évidence. Parce que, condensé en un texte court, le propos dun auteur quil importe de connaître peut devenir tel. Parce que cet « essentiel » là, sil ne suffit pas à parcourir lentièreté dune uvre, remplit néanmoins son office : témoigner fortement dune vision ou dune pensée. Parce quenfin, à parcourir une collection « dessentiels », ce que lon arpente cest un chemin sûr dans lhistoire de la littérature.Les textes qui ont vocation à exister dans les essentiels ont un dénominateur commun. Ils ont pour origine et pour inspiration un même fil rouge : une plongée fascinante dans cet âge dor de la littérature que représentent cinquante années des plus prestigieuses revues littéraires européennes, entre 1920 et 1970. Des textes alors choisis ou écrits par les plus grands écrivains du XXème siècle. Ces pépites de la littérature étaient jusqualors voués à rester celés dans ces écrins éphémères que sont les revues littéraires. Avec les essentiels, elles retrouvent vie. De fait, cest à une pérennité retrouvée que nous convie cette nouvelle collection des essentiels.« Lopinion changée quant aux fleurs »En 1954, en liminaire du texte éponyme, Ponge annonce son propos : « provoquer une modification de lidée de fleurs, en y faisant rentrer bien des choses tenues à lécart jusquici. » Dans cette perspective, il réunit sous ce titre singulier divers écrits consacrés aux végétaux, ou plutôt au végétal, depuis 1926. Lentreprise poétique de lauteur du Parti pris des choses se double ici dune recherche philosophique, pourrait-on dire encore accrue. Il sen explique en évoquant le projet de « faire adopter une idée philosophique de cet objet (ou plutôt, de ce moment de tout individu, de tout être. »Nous ne sommes plus là en face de ces courts moments déblouissement poétique consacrés aux « choses » auxquels Francis Ponge nous a accoutumés, mais bien dans la traque méthodique, patiente, exhaustive, organisée dune essence. Ce texte à part dans luvre de Ponge, particulièrement magnifique, profondément philosophique, a été publié au printemps 1968 dans la revue Léphémère (n° 5), puis à fait lobjet dune nouvelle publication par Gallimard en 1992 dans louvrage Nouveau nouveau recueil
Du même auteur
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