Qui peut dire si les villes ont une âme ? On sait pourtant quelles sont tout aussi mortelles que ceux qui y vivent. Paris néchappe pas à la règle. En six nouvelles illustrant tour à tour quelques figures imposées du « post-apo », Fabrice Schurmans dresse le portrait dun Paris en sursis, puis déliquescent, puis moribond, puis décomposé. Plus dure sera la chute ? « Lapocalypse, cest juste un effondrement progressif de la société. On ne peut pas dire quil y ait eu un moment précis, datable, comme dans les films. Du genre un cataclysme subit, une météorite de dix kilomètres de diamètre, un éclair gigantesque suivi dune explosion. Un tsunami de plusieurs centaines de mètres de haut ravageant les côtes. Un nuage de poussière voilant le soleil. Lorigine de la fin de lhumanité est beaucoup moins spectaculaire quau cinéma. On sest tranquillement suicidé, avec un petit coup de main de virus mutants. Avant ça, on avait suicidé le climat avec application. Les plus lucides avaient lancé de multiples alertes. En vain. Les abeilles ont commencé à disparaître et, avec elles, la Nature telle que nous lavons connue. Pour certains, la chose offrait quelques avantages. Plus de guêpes pendant les barbecues. Plus de papillons sur les pare-brises. Je me dis que sans son principal parasite, la Nature récupérera, inventera de nouvelles formes de vie, élaborera un système différent. Elle la déjà fait, il y a soixante millions dannées. Avec juste un bug bien vicieux. Lêtre humain. Sans antivirus connu. »
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