Affiche de Courrier international, n°715 Livre | Chimamanda Ngozi Adichie

Courrier international, n°715

C’était une de ces journées de la pleine saison des pluies où le soleil brûlait telle une flamme orange m’effleurant la peau, et je repensais à l’époque où, enfant, je passais ces journées à courir et à fredonner des chansons dans lesquelles le soleil et la pluie s’affrontaient, priant pour que le soleil gagne. Les gouttes de pluie tièdes se mêlaient à ma transpiration et ruisselaient sur mon visage tandis que je retournais à l’hôtel portant ma pancarte “N’oubliez pas les massacres” et m’émerveillant encore de ma nouvelle identité – de notre nouvelle identité. Nous étions à la fin mai. Ojukwu venait d’annoncer la sécession et nous n’étions plus nigérians. Désormais, nous étions biafrais.