Affiche de Les Loups Livre | Guy Mazeline

Les Loups

le 7 décembre 1932, au restaurant Drouant : donné grandissime favori par la presse, annoncé vainqueur par quelques membres de l’académie, le livre de Céline, Voyage au bout de la nuit, est détrôné sur le fil par le roman de Guy Mazeline, Les Loups, pour l’attribution du Prix Goncourt. Dernier auteur « bourgeois », Guy Mazeline était, avant sa consécration du 7 décembre 1932, peu connu de la critique et du monde littéraire même si Les Loups est déjà son quatrième roman. Les Loups est le premier volet d’une saga familiale, le Roman des Jobourg. Le livre met en scène les déboires amoureux et financiers de Maximilien Jobourg et de sa riche famille d’industriels à la fin du XIXème siècle en Normandie. La taille du livre est imposante (plus de 600 pages), et le style est d’un classicisme pur, voire même très conventionnel. Pourtant, au moment de sa parution, il est globalement acclamé par la critique. L’Action Française, par l’intermédiaire de Robert Brasillach, reconnait « une œuvre nouvelle, massive et forte [qui] impose l’attention et l’amitié » ajoutant « les réserves que nous pouvons faire au livre de M. Guy Mazeline ne se font que par rapport à Balzac et au meilleur de Tolstoï », l’Intransigeant le compare non seulement à Balzac, mais aussi à Proust et Stendhal , alors que Jean Vignaud l’acclame dans le Petit Parisien pour « l’œuvre de ce jeune en qui s’annonce un maitre ». Lagrande majorité des critiques saluent donc la sortie du roman de Mazeline, à l’exception de l’Humanité, à travers Paul Nizan, qui estime le 9 décembre 1932, que « Mazeline gaspille son talent pour des larves » puis de terminer « On a prononcé le nom de Balzac, car la critique bourgeoise aime admirer. Cette admiration facile fait rire, rétablissons l’échelle des valeurs».