Cétait donc cela, lamour? Lamour, cétait linquiétude qui survit à lapaisement des sens, cétait lexaspération du sentiment de la solitude humaine jusquà langoisse. Son corps était parfaitement calme, la bête était assouvie et cest dans son âme quil souffrait donc pour la première fois. Il lui fallait lodeur de Florence, il lui fallait sentir sous les draps la chaleur de cette femme ; il lui fallait se dire quen étendant un bras ou une jambe, il toucherait sa peau et la ferait sursauter. Il fallait quil pût se mettre sur son coude , se pencher vers elle et regarder, à la vague lueur que laissaient filtrer les persiennes, ses cheveux en broussaille sur loreiller, ses yeux clos, sa lèvre sans fard, ses traits calmés par le sommeil et quune pensée secrète rendait mystérieux, sa poitrine qui se soulevait au rythme de sa respiration dans sa jolie chemise de nuit verte ; quil pût la regarder silencieusement pendant une heure, en songeant avec éblouissement, comme une mère contemple son enfant convalescent et sémerveille de le voir en vie : « Tout cela est a moi ! »
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