Affiche de Aes triplex Livre | 1901 | Robert Louis Stevenson

Aes triplex

ensemble de deux nouvelles . Si les textes proposés ne sont pas des nouvelles qu’on citerait en modèle du genre, ils n’en sont pas moins intéressants. Aes Triplex en effet, le premier et le plus long des textes proposés, ressemble assez à une méditation sur la mort dont le début poussif et très académique : « Les changements que la mort provoque dans nos vies sont tellement brutaux et définitifs en eux-mêmes, tellement tristes et terribles de par leurs conséquences, qu’ils représentent dans l’existence une expérience unique », ne semble pas constituer une bonne entrée en matière, mais qui, très vite, laisse parler son rythme jusqu’à en faire oublier le ton exagérément pédagogue. Peu à peu, le discours s’élève, et de digressions en digressions une rhétorique intelligente et agréable se révèle : « Toute la littérature, depuis Omar Khayyâm jusqu’à Thomas Carlyle ou Walt Whitman, n’est qu’une tentative pour décrire la condition humaine avec une certaine hauteur de vue » Il faut vivre, affirme ainsi Stevenson. Et pour ce faire, ne pas avoir peur de mourir. En effet : « Quel que soit l’âge auquel la mort frappe un homme, celui-ci meurt jeune » C’est d’ailleurs là la conclusion de ce texte au style un peu désuet, mais dont la pensée profonde peu à peu pénètre bien l’esprit. Dans le deuxième texte, le plus court, « Eldorado », il est question de désir et de curiosité. « Il y a toujours un horizon nouveau pour ceux qui regardent en avant » Selon Stevenson, avant qu’on ne meure, rien n’est jamais fini. Et si la recherche du succès ne doit pas constituer une fin en soi, la découverte du monde et de ses spectacles fait sans nul doute tout le sel de la vie. « voyager plein d’espoir vaut mieux que d’être parvenu à destination. » Le but que l’on cherche à atteindre ne compte pas tant. Ce qui importe, c’est d’avoir su ouvrir les yeux tout au long du chemin (belle définition de la vie). C’est la leçon de ce petit volume, qui, accompagné d’une notice biographique intéressante, donne envie de redécouvrir l’œuvre d’un auteur aux multiples facettes.