Affiche de Les Rougon-Macquart - Omnibus/Seuil 01 : La fortune des Rougon - La Curée - Le ventre de Paris - La conquête de Plassans Livre | 2015 | Émile Zola

Les Rougon-Macquart - Omnibus/Seuil 01 : La fortune des Rougon - La Curée - Le ventre de Paris - La conquête de Plassans

LA FORTUNE DES ROUGON Ce roman sert d'introduction à toute l'oeuvre. Il montre certains membres de la famille dont je veux écrire l'histoire, au début de leur carrière, fondant leur fortune sur le coup d'Etat, comptant sur l'Empire qu'ils prévoient pour contenter leurs appétits. Cet épisode a surtout quatre grandes figures qui ne reparaîtront plus dans les autres récits : l'aïeule, tante Dide, la souche dont sont issus les principaux personnages de la série ; ses deux fils, l'un légitime, Pierre Rougon, l'autre illégitime, Antoine Machard, et un de ses petits-fils, Silvère. L'aïeule est la haute personnification d'un tempérament, d'un état physiologique particulier se propageant et se distribuant dans toute une famille. Les trois autres héros, outre leurs caractères héréditaires, offrent trois états de l'idée politique : Pierre Rougon est le conservateur qui cherche surtout à tirer des événements un profit personnel et qui ne recule devant aucun moyen pour fonder sa fortune et celle de ses enfants sur le nouvel Empire. Antoine Machard est le fainéant, l'envieux que sa paresse jalouse et impuissante a jeté dans une fausse et honteuse démocratie ; Silvère, au contraire, l'énergique enfant de dix-sept ans, la belle et ardente figure de tous les enthousiasmes de la jeunesse, est l'âme même de la jeune République, l'âme de l'amour et de la liberté. LA CUREE "La Curée c'est la plante malsaine poussée sur le fumier impérial, c'est l'inceste grandit dans le terreau des millions. Ma Renée, c'est la Parisienne affolée, jetée au crime par le luxe et la vie à outrance ; mon Maxime, c'est le produit d'une société épuisée, l'homme-femme, la chair inerte qui accepte les dernières infamies ; mon Aristide c'est le spéculateur né des bouleversements de Paris, l'enrichi impudent, qui joue à la Bourse avec tout ce qui lui tombe sous la main femme, enfants, honneurs, conscience. Et, j'ai essayé, avec ces trois monstruosités sociales, de donner une idée de l'effroyable bourbier dans lequel la France se noyait." LE VENTRE DE PARIS "L'idée générale est le ventre ; - le ventre de Paris ; les Halles, où la nourriture afflue, s'entasse, pour rayonner sur les quartiers divers ; - le ventre de l'humanité, et par extension la bourgeoisie dirigeant, ruminant, cuvant en paix ses joies et ses honnêtetés moyennes ; - enfin le ventre dans l'empire, non pas l'éréthisme fou de Saccard lancé à la chasse des millions, les voluptés cuisantes de l'agio, de la danse formidable des écus ; mais le contentement large et solide de la faim, la bête broyant le foin au râtelier, la bourgeoisie appuyant sourdement l'empire, parce que l'empire lui donne la pâtée matin et soir, la bedaine pleine et heureuse se ballonnant au soleil et roulant jusqu'au charnier de Sedan." LA CONQUETE DE PLASSANS La famille Mouret, composée de Marthe Rougon et de François Mouret, cousins germains, et de leurs trois enfants Octave, Serge et Désirée, mène une retraite heureuse à Plassans après avoir abandonné leur commerce de vin en gros à Marseille. Le jardin de la maison des Mouret, situé entre la Mairie favorable à l'Empereur et la villa Rastoil où vit un magistrat royaliste, est la fierté de François : il aime y voir pousser ses légumes et fleurir ses arbres fruitiers. Ayant des pièces inoccupées, François décide de les louer à un prêtre venu de Besançon, l'abbé Faujas, homme noir, accompagné de sa mère entièrement dévouée à sa cause. L'installation de Foujas est synonyme pour la famille Mouret de destruction : l'abbé prend peu à peu possession de la demeure et fait éclater la vie calme et bien réglée de François. De plus, l'arrivée de l'abbé à Plassans n'est pas un hasard, il agit secrètement pour le régime impérial : sa mission est d'établir son autorité morale et de réconcilier les partisans de la Monarchie et les partisans Bonapartistes. Pour cela il use de son influence qu'il a sur les femmes de la ville et surtout sur Marthe, mais il bénéficie également de l'aide précieuse de Félicité Rougon. Marthe prend une part active dans le projet que lui a suggéré l'abbé : la création d'un établissement pour aider les jeunes filles en perdition " l'œuvre de la Vierge ". Cet engagement la fait glisser dans la dévotion et dans la folie et, entraîne l'éclatement de sa famille. François n'ayant plus de pouvoir chez lui, se retranche dans son bureau, passe des journées immobile et finit par être interner de force. Cet internement le rend vraiment fou et le pousse au meurtre. Après une visite de sa femme et de son oncle Antoine Macquart, qui laisse volontairement la porte de la cellule ouverte, François s'évade et retourne chez lui. Il y constate la destruction de son jardin et décide d'incendier son ancienne demeure. Il périt brûler ainsi que Foujas et sa mère.