Affiche de Les cercles d'or Livre | 1989 | Michel Host

Les cercles d'or

Ne se raconte que ce qui a été vécu. Ou rêvé. L'enfance, l'adolescence dans les plaines du plat pays. Des souvenirs qu'on avait crus pour toujours oubliés. Ils dormaient sous la surface immobile et se sont réveillés. Parfois, des évènements qu'on hésite à appeler aventure. Ils le sont, pourtant, car tout ce qui dans les premiers temps est vécu ou imaginé dessine le risque de notre destin. D'où ces monstruosités fascinantes, le meurtre des animaux, celui des hommes dans les guerres stupides, celui des mères qui n'en furent pas... Elles sont de là-bas. Jérôme Bosch les a peintes. D'où cette tendresse qui veut atteindre son objet, cette recherche de l'harmonie des paysages paisibles, glacés, cette union avec une terre où se traînent des montagnes de nuages, formes de l'infini en mouvement. D'où ce piège inexorable du temps, son cortège, sa sarabande, sa folie, sa nostalgie. D'où ce déchirement tranquille. Ces quatorze nouvelles représentent deux fois quinze années de ma vie. Quinze années d'enfouissements. Quinze années d'exhumation, les années d'écriture au cours desquelles tout était si difficile que je crois n'y avoir dit que ce qui me blesse ou m'amuse.