Huit ans avant sa mort, Olivier Goldsmith publie ce qui restera son seul roman : Le Vicaire de Wakefield. Le succès nest pas au rendez-vous, il sera long à venir mais durable. Il existe déjà six traductions quand, en 1838, Charles Nodier entreprend la sienne. Ce roman est une synthèse des sujets et des thèmes familiers aux grands romanciers anglais du XVIIIe siècle. De Fielding, il retient le picaresque mais accentue le comique, de Richardson, il reprend un ressort narratif classique, la jeune fille pure poursuivie par un séducteur sans scrupule. Lintrigue est digne de lironique Tout va très bien, Madame la Marquise. Le révérend Primrose est confronté à tous les malheurs du monde qui, un à un, vont sabattre sur lui et sa famille. Sans le savoir peut-être, Olivier Goldsmith nous donne un des premiers romans de lintrospection. Son sentimentalisme, délivré du puritanisme, est humain, humanitaire, éthique même, et mènera au romantisme ; son réalisme est psychologique autant que social ; son ironie charitable va de pair avec une bonhomie clairvoyante, qui rend dautant plus attachant ce personnage du Vicaire en qui Goldsmith a sûrement mis une part de lui-même.
Livre | 2017 | Oliver Goldsmith
Le vicaire de Wakefield / Le curé de Wakefield / Le ministre de Wakefield
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