Affiche de Les Cordes-de-Bois Livre | 1999 | Antonine Maillet

Les Cordes-de-Bois

Une tribu de femmes libres et même un peu folles, les Mercenaires, perturbe joyeusement la vie d'un petit port acadien dans les années trente, entretenant une guerre ouverte avec MacFarlane, marchand de bois, et Ma-Tante-la-Veuve, bigote régnant sur une triste clique. Le curé, lui, compte les points. Afin de prendre un avantage décisif, les Mercenaires frappent un grand coup en accueillant gratis les miséreux de la contrée vendus aux moins offrants. Et le charivari tourne alors au scandale... D'une hilarante virtuosité, Antonine Maillet danse avec cette langue d'Acadie qui tortille les mots comme la mer le goémon". Sur ce rocambolesque Clochemerle des côtes canadiennes, finit par tomber une neige d'amour et de grâce." Pour ceux qui « viennent de l'étrange », l'Acadie est un pays perdu quelque part au loin sur les côtes canadiennes. Mais l'extraordinaire talent « raconteux » d'Antonine Maillet réussit à le rendre aussi proche qu'une province de chez nous. Plongé dans la chronique mouvementée d'un petit havre des « Côtes » où les clans se disputent depuis toujours, on suit avec un amusement stupéfait la geste d'une tribu sans pareille. Nichées depuis trois générations sur les Cordes-de-Bois, une butte qui domine le bourg, les Mercenaire sont une famille de femmes libres conduites par la Bessoune. Au fil des ans, ce sera la guerre ouverte avec MacFarlane, marchand de bois écossais, avec Ma-Tante-la-Veuve et les siens, vertueux cagots, tandis que le curé arbitre. L'arrivée d'un jeune vicaire aventureux, la venue du matelot irlandais Tom Thumb et pas mal d'événements imprévus - car l'époque en est fertile ; c'est la grande crise avec ses chômeurs, ses bootleggers, sa folie - tout cet étonnant charivari va soudain rassembler autour des Mercenaire la sympathique racaille du pays. Contre les pusillanimes et les saintes nitouches, les Cordes-de-Bois devient le dernier refuge des déshérités vendus à l'encan, en attendant que la Bessoune rencontre l'homme qu'elle attendait, histoire de prolonger la saga des Mercenaire. A travers cette merveilleuse « langue des Côtes » qui « tortille les mots comme la mer le goémon », l'auteur rejoint les plus vrais de nos conteurs. Antonine Maillet est bien la cousine acadienne de Giono le Provençal, de Jouhandeau le Limousin, de Pergaud et de Marcel Aymé les Francs-Comtois, avec un atout de plus : celui d'un français unique, préservé dans sa violence drue, avec le courage du parler et les ferveurs d'un grand écrivain. Source : Le Livre de Poche.