Dans le premier livre de son entreprise autobiographique, L'adoration, qu'ont suivi notamment Le retour et La dépossession, Jacques Borel faisait déjà allusion aux petites « rues à putes » du quartier de la Bastille. Par égard pour sa mère, il n'avait pas tout dit des conditions de sa vie entre l'âge de dix ans et l'adolescence. L'hôtel de France, où sa mère était l'employée de son frère et de sa belle-sour, et où elle logeait avec son fils, était bel et bien un hôtel de passe. Tel est l'aveu longtemps différé sur ces années vécues dans la honte, l'humiliation, la culpabilité. Mais la profondeur pathétique de cette confession s'accompagne de verve, de maîtrise alerte dans la description des personnages. Le portrait des filles est inoubliable : Dédée, Blonblon, Pola, Louisette... L'intense curiosité de l'enfant, puis de l'adolescent, confronté à des réalités qui lui sont peu compréhensibles, et aux bizarreries du langage que l'on emploie pour les désigner, nous livre une étonnante chronique de cet hôtel, avec ses pensionnaires « normaux » et ses visiteuses intermittentes. Et toujours cet aveu, cette confession sont transfigurés, portés par le bonheur d'écrire, la plénitude et la vigueur du style.
Du même auteur
Journal de la mémoire1994
Histoire de mes vieux habits (L'Instant romanesque)
Le Déferlement1993
Le versant nocturne. Petitre histoirre dre mes rêves
Le Versant nocturne2002
Dictionnaire des termes du vieux françois ou Trésor des recherches et antiquités gauloises et françoises
Marcel Proust
La Dépossession1973
Le Lys dans la vallée, et les sources profondes de la création balzacienne1993
L'Arc-Inculte : James Joyce2006
Le Tournoi Mathematique du Limousin. 1987-1995 : Neuf Annees d'Existe Nce. les Sujets, les Correctio1996
Commentaires1974
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