Affiche de Le Duel - Ma Vie - Lueurs - Une banale Histoire - La Fiancée Livre | 1983 | Anton Tchekhov

Le Duel - Ma Vie - Lueurs - Une banale Histoire - La Fiancée

Au contraire de tant d'écrivains notoires qui, au lendemain de leur mort, subissent une éclipse, la gloire de Tchékhov n'a pas cessé de croître et un demi-siècle après sa mort, son œuvre est plus célèbre, plus admirée, plus généralement lue qu'au jour où la maladie l'emporta. La grande simplicité de sa forme, son souci de la composition le rapprochent des habitudes latines et l'ont placé à côté des plus purs classiques de son pays : Pouchkine, Gogol, Tourgueniev. Ses premiers récits, publiés entre 1883 et 1885 ont un caractère humoristique très accusé. Il s'amuse, il raille un peu ses personnages : par moments il y a chez lui un accent qui s'apparente à celui de Courteline. Mais, à partir de 1887, miné par la maladie dont il put suivre les progrès et qui l'emporta très jeune, Tchékhov aborde des récits plus dramatiques ; le sourire disparaît de son oeuvre, remplacé par une pitié profonde. On découvre dans un récit comme Le Duel, si simplement pathétique, derrière la pein¬ture d'une existence médiocre, cette émotion discrète, qui témoigne de la communion humaine et, en dépit de tous les renoncements, maintient encore au coeur de chacun, l'espoir. « Il n'est pas vrai que Tchékhov ne soit que le témoin d'une génération russe déjà périmée, écrivait Daniel-Rops dans la pénétrante étude qu'il lui a con-sacré. Profondément russe, il est Européen par tout ce qu'il a apporté de nouveau dans la dé-couverte de l'âme, par cette parenté spirituelle qui l'unit aux plus grands : homme de son temps, il a su en sortir et venir à la rencontre du nôtre