Affiche de Portrait de Margaret Ogilvy par son fils Livre | 2010 | J. M. Barrie

Portrait de Margaret Ogilvy par son fils

"Les mères chantent souvent des berceuses à leurs enfants pour les endormir. À leur instar, J. M. Barrie en a écrit une, mais d'un genre différent : un chant pour la mort de sa mère, redevenue peu à peu, sous la lumière de son regard mélancolique, une petite fille. En effet, Margaret Ogilvy est une berceuse de mort, tendre et cruelle, pour une mère qui ne l'était pas moins. Il s'agit également d'un livre dont la complexité ne se révèle pas nécessairement entière à la première lecture. Si « rien de ce qui advient après douze ans n'a réellement d'importance », ainsi que nous le dit J. M. Barrie dans cette miniature à la gloire de la Mère, c'est peut-être parce que les adultes, en ayant la conscience faite, perdent la vue. Comme dans les rêves ou les jeux de l'enfance, le plus évident en littérature est ce qui cache la vérité impossible à dire sans danger pour celui qui l'énonce et pour celui qui l'entend : « La féroce joie d'aimer trop est une terrible chose. » Des contes de fées, en général, on ne retient fréquemment que la conclusion, généreuse avec les nobles héros de l'histoire ; J. M. Barrie, lui, a toujours su qu'une sorcière se cache souvent dans un petit pli de la fée et que la faute morale est la larme batavique de toutes les histoires, depuis que les petits garçons savent en inventer. Les mères, chez Barrie, sont toujours des fées et (ou) des sorcières." Céline-Albin Faivre, traductrice de l'ouvrage. http://rosesdedecembre.blogspot.com/2010/04/annonces-diverses.html