Né à Rome le 19 mai 1898, Julius Evola est mort à Rome le 11 juin 1974. Hanté par une Tradition enracinée dans la plus lointaine antiquité indo- européenne, il n'a cessé toute sa vie de lutter contre l'illusion moderniste et l'utopie égalitaire. Grièvement blessé dans un bombardement, au cours de la dernière guerre, ce philosophe au corps foudroyé s'est voulu le plus impitoyable et le plus lucide des témoins d'une époque qu'il méprisait, car il en connaissait l'intime faiblesse. Aucune des idéologies à la mode n'a échappé à sa contestation. Plus qu'aucun autre, il a arraché les masques du libéralisme, du christianisme, du marxisme et du nationalisme. Romain au sens le plus noble et le plus vrai du terme, éternel Gibelin dressé contre les Guelfes, Julius Evola a choisi l'Empire contre l'Eglise, l'Aigle contre la Croix, et le monde des guerriers contre celui des marchands. Sa vie a été un exemple. Ce solitaire dans la ligne de Nietzsche reste un des plus singuliers «maîtres à penser» de notre temps. Son visage et son enseignement ont souvent été déformés. Pour la première fois, Julius Evola apparaît au public français tel qu'il fut réel- lement dans sa vie et dans sa pensée : un vision- naire.
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