Affiche de Poussières Livre | 2009 | Jules Barbey d'Aurevilly

Poussières

EXTRAIT: La Haine du soleil Un soir, j’étais debout, auprès d’une fenêtre... Contre la vitre en feu j’avais mon front songeur, Et je voyais, là-bas, lentement disparaître Un soleil embrumé qui mourait sans splendeur ! C’était un vieux soleil des derniers soirs d’automne, Globe d’un rouge épais, de chaleur épuisé, Qui ne faisait baisser le regard à personne, Et qu’un aigle aurait méprisé ! Alors, je me disais, en une joie amère : « Et toi, Soleil, aussi, j’aime à te voir sombrer ! Astre découronné comme un roi de la terre, Tête de roi tondu que la nuit va cloîtrer ! » Demain, je le sais bien, tu sortiras des ombres ! Tes cheveux d’or auront tout à coup repoussé ! Qu’importe ! j’aurai cru que tu meurs quand tu sombres ! Un moment je l’aurai pensé !