Premier roman dun jeune Barbey romantique, écrit autour de 1835, Ce qui ne meurt pas, dabord intitulé «Germaine », fut aussi le dernier que le romancier publia, en 1883. Roman normand, qui habite le marais comme LEnsorcelée occupait la lande, Ce qui ne meurt pas déploie une histoire frénétique, toute dincestes et dadultère, mâtinés dhomosexualité, de soupçons de nécrophilie et de matricide, en sorte que le texte peut se lire comme un condensé, maladroit parfois, de tous les fantasmes aurevilliens. Mais cette histoire est aussi une étrange aventure immobile, à peu près dépourvue daction, à laquelle le huis-clos de trois individus inextricablement liés donne seul son intensité. Écrit comme une tragédie où simposerait un fatum implacable, le roman se présente pourtant comme un roman catholique, marqué par les rigueurs dun jansénisme qui semble sanctifier la douleur et refuser au pécheur toute possibilité de rédemption. Si la pitié est « ce qui ne meurt pas », pour qui se fie du moins à la leçon explicite mais contestable de lépilogue, le roman tout entier sattache à manifester ce qui meurt, dans une sorte de jouissance effrénée de la flétrissure et de la dégradation ; profondément marqué par les rêveries romantiques et par les destins de René ou de Lélia, Ce qui ne meurt pas rejoint ainsi la tonalité crépusculaire de la décadence, dont sa publication le rend contemporain.
Du même auteur
Les Diaboliques, tome 2
Étranges Récits2005
Polémiques d'hier2013
XIXe siècle. Les oeuvres et les hommes. T. 16 / par J. Barbey d'Aurevilly [Edition de 1860-1902]2014
Á côté de la grande histoire1906
Lettres intimes2009
Cent manières d'être ridicule2015
Poésies de Jules Barbey d'Aurevilly, commentées par lui-même2013
Contre Goethe1999
Oeuvre critique I : Les Oeuvres et les Hommes, tome 1-12004
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