Affiche de La maison dans la dune Livre | 2007 | Maxence Van der Meersch

La maison dans la dune

Prix Goncourt, Grand prix de l'Académie française, l'écrivain Maxence Van der Meersch (1907-1951) est un des grands «peintres du Nord», sa région natale. Avec près de vingt romans, il a imposé une oeuvre qui s'inscrit dans la lignée d'André Maurois, François Mauriac ou Roger Martin du Gard, privilégiant la peinture de moeurs, l'analyse huma­niste, mais proposant avant tout un certain regard sur la société de l'entre-deux-guerres et le monde ouvrier. Publié en 1932, La maison dans la dune, son premier roman, eut un succès immédiat. Dans l'atmosphère brumeuse et glacée du Nord, douaniers et contrebandiers s'affrontent, les hommes et leurs chiens se livrant des combats souvent mortels. La rencontre de Sylvain le contrebandier et de Pascaline est le début d'une histoire passionnelle, à l'image de ce roman violent, vrai, et profondément humain, qui offre l'occasion de redécouvrir un grand écrivain. Extrait du livre : Quand Sylvain, le lendemain à midi, arriva chez son ami, il trouva César en maillot blanc, occupé à boxer, dans sa cuisine, avec le grand Jules, l'agent de police. Un gentil garçon, ce Jules. Il demeurait trois maisons plus loin. Et bien qu'il connût le trafic suspect de César et de Sylvain, il était cependant demeuré leur ami. César et lui s'étaient liés d'amitié par un commun amour de la boxe et des sports. Jules avait pratiqué le «noble art», dans sa jeunesse, en amateur. Et César, quand il était repris par une de ses crises d'entraînement, allait régulièrement le chercher pour quelques rounds. Grand, massif, raide de torse et de membres, totalement dépourvu de souplesse et d'agilité, le grand Jules, grâce à son poids et à sa résistance, finissait toujours cependant par mettre hors de combat son camarade César, plus vieux, et fatigué surtout par une vie déréglée. César en rageait, trouvait chaque fois des excuses à sa défaite, affirmait qu'il prendrait sa revanche la fois d'après. Si grande était son humiliation, qu'il lui arrivait, après ces rudes