Affiche de La séparation Livre | 2026 | Claude Simon

La séparation

couverture dessinée par Pauline Nunez La séparation est la seule pièce de théâtre écrite par Claude Simon, dont le texte est resté inédit jusqu’alors. Jouée à Paris, au Théâtre de Lutèce en 1963, en pleine querelle du nouveau roman, elle déclencha polémique et malentendu. Là où l’on attendait un avant-gardisme démonstratif, Claude Simon se référait à la tragédie grecque et livrait, sur les motifs de son roman L’herbe, paru en 1958, une œuvre profondément originale et inattendue. Il se saisit de l’irrémédiable présent du théâtre, et sans fin les protagonistes de La Séparation peuvent se donner la réplique, se dupliquer, se doubler, recommencer à ne pas se séparer. Le texte de la pièce est accompagné d’un cahier iconographique de 16 pages, et d’une postface de Mireille Calle-Gruber, et d’annexes (interview de Claude Simon pour Le Monde, notes inédites de Claude Simon sur le théâtre et sur la mort de sa tante Mie). “La séparation, bien plus que la mince cloison entre le cabinet de toilette de Louise et celui de sa belle-mère, Sabine, bien plus que le départ imminent de la jeune femme qui songe à quitter son mari, Georges, bien plus même que la mort de la vieille tante de Georges qui agonise dans la pièce voisine, ne serait-ce pas cette fragile enveloppe, à l’intérieur des êtres qui persiste à isoler, de ce qu’ils disent et font, ce qu’ils sont : l’écran qui les empêche, à la limite, de “s’entendre” eux-mêmes ? Pourtant, les mensonges que Louise et Georges, et la mère et le père de Georges, prodiguent aux autres ou à soi sous les dehors d’une famille bourgeoise respectable et unie sont, à leur insu, de terribles témoins. Tout se passe sous les mots qu’on prononce, comme le tracé d’un ruisseau souterrain est révélé dans les champs par une herbe plus verte. La seule eau qui coule claire, le seul être qui soit ici vrai, on ne l’entend ni le voit et il est en train de mourir. Mais les autres, depuis quand ont-ils cessé de vivre ?” Claude Simon