Affiche de Poèmes de la mort : De Turold à Villon Livre | 1989 | Chrétien de Troyes

Poèmes de la mort : De Turold à Villon

Danses macabres, gisants décharnés, descentes de croix : l'art de la fin du Moyen Age est hanté d'images de la mort : la mort intégrée à la vie et, de façon provocatrice, dénoncée dans son horreur physique, impliquant une dénégation du corps. C'est là, aux temps de Jean Gerson et de Villon, l'effet d'une prise de conscience inaugurale des mentalités modernes qu'a décrites Ph. Ariès, mais qui n'eût peut-être pas été possible sans l'existence d'une tradition déjà ancienne alors de méditation morale sur les fins dernières de l'homme, et d'une poésie qui ne cessa durant des siècles de manifester, à propos de celles-ci, une fascination (désir et effroi ensemble) de la nudité de l'être. C'est cette tradition (aux thèmes et aux for- mes relativement rigides) et son aboutisse- ment au seuil de la Renaissance, que Jean- Marcel Paquette illustre par deux douzaines de textes jalonnant quatre siècles d'histoire et où, à côté de fragments empruntés à des auteurs connus, sont données en version intégrale plusieurs œuvres peu accessibles mais particulièrement représentatives, tels les admirables Vers de la mort du moine Hélinant, à la fin du 12° siècle.