Affiche de La Peur de la lumière Livre | 1997 | Henrik Ibsen

La Peur de la lumière

Le présent recueil, d'où on a écarté de rares pièces mineures et les vers de circonstances, réunit l'essentiel des poésies d'Henrik Ibsen. "Ce sont, disait le traducteur, des confessions sincères, brutales même, d'une forme concentrée, comme le style de ses drames ... la confidence des combats secrets qu'il lui fallait engager contre ses démons intérieurs." Explorateur de "l'immense domaine de l'ombre", Ibsen se situe, pour les thèmes, entre le Romantisme de l'Europe de 1848 et le Réalisme qui lui succéda. Il les allie, du point de vue de la méthode littéraire, dans des vers comme dans ses drames, en mariant le symbole poétique et la représentation critique. Les chocs entre les traditions chrétienne et païenne des cultures occidentales, entre l'aspiration progressiste et l'angoisse de ce qui l'affaiblit, nourissent cette synthèse. L'ambition noble est "le Pétrel", si proche de l'Albatros", si proche aussi du "Canard Sauvage", grandeur blessée que confinent deux mondes incompatibles; elle est "le Mineur", elle sonde les ténèbres à la recherche d'un trésor de clarté; les heurts infinis de la mer, où se perd toute vague, sont fascinants; la lumière reste douteuse. Prozor condensait ainsi le pessimisme constant d'Ibsen, qui trouve dans les présentes poésies sa confidence originelle: "La plus haute félicité à laquelle l'homme puisse atteindre est l'oubli de son isolement, du misérable état de fractionnement et de dissémination où nous vivons. Toute communion de notre être avec un autre être engendre en nous le sentiment de cette félicité. Mais elle s'évanouit dès que nous voulons la fixer, lui donner une durée, car aussitôt nous rentrons dans l'espace, dans le temps, dans toutes les conditions de la vie extérieure, auxquelles rien sur terre ne se dérobe."