Jean Giono et Jean Paulhan, le lyrique solitaire au fond de sa Provence, et l'esprit moteur, à Paris, d'une large part de l'intelligentsia littéraire à travers La Nouvelle Revue Française qu'il dirigea longtemps, semblent aux antipodes l'un de l'autre. Pourtant, à cause de cela peut-être, dès leur rencontre en 1929 allait naître entre les deux hommes une amitié profonde et solide, bien qu'elle se soit manifestée essentiellement par écrit : les hasards de la vie ont fait qu'ils ne se sont vus que bien rarement. Leur échange de lettres au long de trente-cinq ans est révélateur de leurs tempéraments : Giono débordant d'élans parfois utopiques, de projets qu'il ne réalise pas toujours (et, quand il les mène à bien, c'est presque invariablement avec du retard sur ses prévisions) ; Paulhan plus précis, plus méthodique, tenant ferme le gouvernail des revues qu'il anime, mais aussi lecteur plein de sympathie et en même temps de perspicacité critique, souvent inspiré pour définir d'un mot juste ce qui est essentiel dans les textes qui lui sont soumis. L'un et l'autre s'écrivant familièrement, mais chacun plein d'un respect inexprimé devant la qualité de l'autre, parce qu'il reconnaît en lui un seigneur des lettres. C'est ici une correspondance attachante, qui dévoile des aspects parfois inattendus de deux grandes figures.
Du même auteur
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Dans l'odeur des collines : De l'Olympe à Manosque1998
Fragmentos de un diluvio : Viajes por un tríptico2014
Oeuvres cinématographiques, tome 1 : 1938-19591980
La trilogie de Pan - Intégrale
Cahiers Giono, n°1 : Correspondance Jean Giono - Lucien Jacques (1922-1929)1981
Le Bal - L'Ecossais - Angelo - Le Hussard sur le toit1995
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L'eau vive
Coffret : Le grand Troupeau - Le Chant du Monde - Un roi sans divertissement - Voyage en Italie1995
Provence perdue - Dessins d'Hélène Cathabard
Marginales, n°5 : La littérature à la place des yeux2006
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