Gambara est un conte paru en mai 1837 dans La Gazette musicale, revue dirigée par Maurice Schlesinger, qui fournit à Flaubert le modèle du mari de Mme Arnoux dans LEducation sentimentale. Cest la transposition, dans le domaine musical, du phénomène dillusion que Balzac avait montré chez le vieux Frenhofer dans Le Chef-duvre inconnu. René Guise présente en ces termes le parallélisme entre les deux uvres : « Il sagit, dans les deux cas, dun artiste génial et fantasque, capable de commentaires critiques, savant et judicieux sur luvre dautrui, capable aussi dexécuter remarquablement, mais qui, lorsquil sagit de luvre dont il rêve et quil porte en lui trop longtemps, naboutit quà un échec. » Naturellement, à lorigine, on retrouve Hoffmann : dans ce cas, il sagit de Salvator Rosa où figure un vieillard maniaque, qui senivre comme Gambara, mais qui alors, au lieu de retrouver son bon sens dans livresse, y puise lillusion qui lui fait prendre ses cacophonies pour de magnifiques opéras. Et, naturellement aussi, on trouve dans Gambara des théories sur la musique qui correspondent aux théories de maître Frenhofer sur la peinture et des analyses dopéras qui sont léquivalent des critiques de Frenhofer sur les tableaux de Porbus.
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