Affiche de Voyages en Italie Livre | 1973 | Stendhal

Voyages en Italie

La rédaction de Rome, Naples et Florence s'est déroulée en deux temps, donnant lieu à deux éditions : celle de 1817 et de 1826. Stendhal a déjà séjourné quatre fois en Italie lorsqu'il commence la rédaction de Rome, Naples et Florence en 1816. En 1821 la France a perdu l'Italie, et Stendhal est désespéré de devoir quitter le pays. On comprend son enthousiasme lorsqu'il y retourne en 1824. Ce séjour tant attendu lui inspire la reprise de Rome, Naples et Florence : Stendhal complète le texte, l'étoffe. Il redécouvre l'Italie et récrit ses sensations et ses plaisirs. La Florence, deux fois plus longue que la précédente, a été publiée en 1826 ; c'est celle que nous avons choisi de reprendre. Contrairement à ce qu'annonce le titre, la plus grande partie du voyage de Stendhal se situe à Milan, ville qui deviendra pour lui un point de référence tout au long du livre. Milan, c'est la ville où s'exprime le mieux sa passion pour la musique, c'est également là qu'il apprend à « traiter avec les femmes »au cours de longues conversations dans les salons. Et Stendhal visite également Bologne, Florence, Pavie, Naples… A propos de Milan, Stendhal écrit : « Depuis que j'ai vu Milan et l'Italie, tout ce que je vois me rebute par la grossièreté. » (Correspondance à Félix Faure, 24 août 1812.) ; à propos de Bologne : « Bologne a, ce me semble, beaucoup plus d'esprit, de feu et d'originalité que Milan. Mais l'amour ne se commande pas ; mon cœur a été pris par la douceur et le naturel des manières milanaises. » (Rome, Naples et Florence, Bologne, 30 décembre 1816.) ; à propos de Florence, que Stendhal n'a pas aimée : « Tout est pauvre au théâtre de Florence, habits, décorations, chanteurs : c'est comme une ville de France de troisième ordre. » (Rome, Naples et Florence, Florence, 24 janvier 1817.) Stendhal dépeint avec beaucoup de réalisme le caractère des gens croisés au fur et à mesure de ses rencontres. Avec son regard curieux, il observe et analyse le caractère des milanais, des romains, des napolitains, le compare avec celui des peuples d'autres pays. Stendhal écrivait : « Ce que j'aime à voir dans une ville, ce sont ses habitants. » (Correspondance à sa sœur Pauline, citée par M.G. Faure dans la Minerve Française, septembre 1819). Ainsi fait-il de Rome, Naples et Florence une réelle étude de mœurs. L'Italie est « racontée » par Stendhal, davantage qu'elle n'est décrite. Stendhal raconte, transforme, glisse de longues anecdotes. Son récit s'accompagne de longues digressions qui suivent les cheminements de sa pensée. C'est précisément cette liberté d'écriture adoptée à travers la forme du journal qui révolutionne totalement la forme du récit de voyage, telle qu'elle était pratiquée dans les guides de voyages antérieurs à l'époque de Stendhal. Durant ses voyages, il multiplie les expériences culturelles : la peinture, la littérature, dont il se fait interprète et diffuseur. Mais c'est avant tout son amour pour la musique italienne qui ressort de son texte. C'est à travers elle que se fait son initiation à l'esprit de ce pays que Stendhal considère déjà comme le sien. Iconographie Le choix des illustrations La recherche et la sélection des oeuvres Notre recherche iconographique a été guidée par le désir de montrer au lecteur l'Italie telle que Stendhal l'a découverte et aimée. Les lieux et les personnes qui ont inspiré les peintres du romantisme sont ceux-là même que Stendhal décrit dans ses carnets de voyage. L'illustration, exceptionnellement proche du texte, renforce la magie et la puissance de l'évocation des récits de Stendhal. La recherche que nous avons menée à travers les musées, les bibliothèques, les collections privées du monde entier nous a permis de recueillir en trois ans près de deux mille œuvres, et d'en retenir 361 pour illustrer les récits de voyages de Stendhal. La redécouverte d'artistes peu connus La plupart des œuvres que nous reproduisons dans cette édition sont très peu connues : un bon nombre d'entre elles sont conservées dans les réserves des musées, d'autres dans des collections privées, en France, en Italie ou aux Etats-Unis. C'est certainement parce que l'impressionnisme et la modernité allaient naître après elle que cette période est quelque peu tombée dans l'oubli. Elle est cependant