Affiche de Albert Camus / Louis Guilloux : Correspondance (1945-1959) Livre | 2020 | Albert Camus

Albert Camus / Louis Guilloux : Correspondance (1945-1959)

« Ce qui équilibre l’absurde, c’est la communauté des hommes en lutte contre lui. Et si nous choisissons de servir cette communauté, nous choisissons le dialogue jusqu’à l’absurde – contre toute politique du mensonge ou du silence. » (Albert Camus à Louis Guilloux – 5 janvier 1946) Le compagnonnage entre Albert Camus et Louis Guilloux, initiée en 1945, grâce à leur ami commun Jean Grenier, est une relation fraternelle, indéfectible et intellectuelle qui a duré jusqu'à la mort de Camus en 1960. Bien que Guilloux (45 ans) soit l'aîné et déjà reconnu, tandis que Camus (32 ans) monte en puissance, ils forment un duo complémentaire : le Breton « granitique » et le Méditerranéen « solaire », tous deux fils du peuple unis par la dignité et l'engagement. Les 63 lettres échangées entre 1945 et 1959, publiées par Gallimard, témoignent d'une confiance totale et d'une affection profonde, marquée par les surnoms affectueux (« mon vieux Louis », « ton vieux Albert »). Cette correspondance révèle : Une complicité littéraire intense, Camus soumettant les manuscrits de La Peste et L'Homme révolté à la critique avisée de Guilloux. Un soutien moral constant, renforcé par des visites mutuelles, notamment à Saint-Brieuc et en Algérie. Une affinité idéologique fondée sur la justice, la fraternité et la défiance envers les totalitarismes, sans jamais s'inféoder à un parti. Cette amitié, décrite comme « limpide » et « au pied de la lettre », illustre la rencontre de deux grands écrivains qui se sont mutuellement façonnés et soutenus tout au long de leur carrière.