Septembre 1793, "La grande terreur" a commencé. Les députés encouragent les sans-culottes à jeter en prison tout individu suspect : les nobles - avec femmes et enfants -, mais aussi les étrangers, les prêtres, les avocats, bref tous ceux qui n'ont pas fait clairement acte d'allégeance à la Révolution. Les prisons de Paris sont bientôt bondées. L'Etat réquisitionne les cliniques privées pourvues de barreaux. La pensions de Jacques Belhomme, rue de Charonne, est aussitôt du nombre. Marquises, banquiers, journalistes, comédiennes célèbres, officiers, une foule d'anonymes en disgrâce soudoient médecins ou policiers pour y être transférés sous prétexte de maladie. Dans l'ombre de la guillotine, les détenus politiques côtoient les fous, pensionnaires habituels du lieu. Evoquée dans la plupart des ouvrages sur la Révolution française, la pension Belhomme n'avait jamais fait l'objet d'une étude historique. Les innombrables rapports de police et lettres de détenus ont permis à Frédéric Lenormand d'analyser le système de corruption dans lequel se débattaient vrais et faux malades, puis de reconstituer une à une la vie des cent seize détenus. Le destin de ces prisonniers, connus ou non, forme une "biographie collective" des plus romanesque, dans une atmosphère à mi-chemin entre Ubu et la maison du Docteur Petiot.
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