Au moment de la rentrée littéraire où on s`interroge toujours sur le sort et le devenir de la littérature, Antoine Compagnon, avec son esprit iconoclaste, signe un essai d`humeur et intempestif : La littérature, ça paye. Ça paye parfois les écrivains quand ils ont une postérité, comme Baudelaire qui, bien qu`ayant mené une vie de pauvreté, connaitra la fortune posthume. Mais la littérature ça paye surtout pour les lecteurs car la littérature peut être à la fois un éloge de la beauté, du temps immobile, le fameux « otium », opposé à une vie trop active, le « negotium ». Proust l`a d`ailleurs démontré : les médecins, les militaires, quand ils sont lettrés, sont toujours meilleurs que les autres. Enfin, la littérature ça paye parce que, à notre époque, les fake news ou le narratif prennent le dessus, même sur la guerre. Un récit juste est la meilleure des armes. Il n`y a pas de vie réussie sans son récit.
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