Affiche de Un été avec Colette Livre | 2022 | Antoine Compagnon

Un été avec Colette

Quatrième de couverture; Colette créa trois mythes : Claudine, l’héroïne espiègle des premiers romans signés Willy; Sido, son personnage principal après la mort de sa mère ; et Gigi, immortalisée au cinéma par Leslie Caron. C’est beaucoup pour un écrivain. D’autant plus qu’elle-même, par sa langue sensuelle et sa vie libérée, devint très tôt une légende parisienne. Romancière et journaliste, mais aussi pantomime et comédienne, elle fut un monstre sacré. Elle appartient à la génération des classiques français modernes, avec Claudel, Gide, Proust, Valéry et Péguy, mais, seule femme, elle fut la plus insolente et la plus populaire. Divorcée, elle vécut de sa plume, traversa le siècle et les guerres, parla de tout. Après avoir fait scandale, elle reçut des funérailles nationales. Gourmande de la vie, Colette rechercha l’amour. Familière des plantes et des bêtes, des chats et des fleurs, elle caresse les mots, sent les choses, palpe la matière et observe les corps. Le bleu est sa couleur. Autre résumé: Pourquoi Colette ? Un grand écrivain, c'est aussi un écrivain qui crée des mythes, qui renouvelle notre mythologie. " Créer un poncif, c'est le génie ", disait Baudelaire. Colette a créé quatre mythes : Claudine ; Sido, Gigi, et Colette, elle-même, grand écrivain national, monstre sacré. Admirée par Simone de Beauvoir, pionnière de la transgression et de la provocation, elle fait souffler dans ses romans ce vent de liberté qui nous manque tant aujourd'hui. Antoine Compagnon décline toutes les facettes de Colette, des plus connues ou plus secrètes. De Claudine, sa première héroïne, dont son mari, Willy, s'appropria la paternité, signant de son propre nom les textes de son épouse et récoltant le succès et l'argent à sa place. Sido, inspirée par sa propre mère, sans doute sa plus belle invention romanesque. En passant par Gigi, son double littéraire charmante, légère, heureuse en amour et en mariage – à l'opposé de sa créatrice qui fuira " l'homme, souvent méchant " et trouvera refuge auprès des femmes. De sa Bourgogne natale à la présidence de l'académie Goncourt – elle qui n'avait aucun diplôme –, Colette ne fut jamais là où on l'attendait et emmena la littérature là où personne d'autre n'avait osé aller. Plus accessible que Proust, plus moderne que Gide, Claudel ou Valéry, Colette réussit la prouesse d'être à la fois lue dans les écoles et d'avoir conçu une oeuvre toujours aussi sulfureuse. Lire Colette aujourd'hui, c'est embrasser le XXe siècle dans toute son extravagance, grâce à un style qui n'a pas pris une ride.