« Les Islandais avaient beau habiter depuis mille ans un des endroits les plus neigeux du monde, ils continuaient à espérer que cet épais manteau nétait quun phénomène passager et navaient jamais conçu des outils efficaces pour lutter contre la neige. Cest un exemple criant de linfatigable optimisme de notre nation. Elle se contente daffronter une tempête à la fois et imagine toujours que le temps finira par se lever. » Eilífur Guðmundsson rentre chez lui au fin fond de son fjord pour découvrir sa maison emportée par une avalanche, et son fils Gestur seul survivant du drame. Ainsi commence la vie du garçon, dont lexistence va incarner la naissance dune nation. Après avoir échoué à émigrer en Amérique, après avoir perdu son père tué lors dune campagne de pêche au requin, Gestur est recueilli un moment par un riche marchand. Il est ensuite renvoyé à la pauvreté du fjord, pour être attiré à nouveau par le petit port de Fanneyri quand les Norvégiens arrivent avec la pêche au hareng, apportant avec eux lespoir, la richesse et lavenir. Soixante kilos de soleil se déroule dans lun des pays les plus froids, les plus pauvres et les plus sombres dEurope à laube du XXe siècle, où la vie en hiver nétait quune quarantaine sans fin. Par le portrait dun petit village et dun individu, Hallgrímur Helgason raconte avec un souffle prodigieux lhistoire dune nation entière, dans un style où lhumour caustique alterne avec des moments dune grande poésie.
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