Sous la terre, quelque chose respire. Invisible, patient, le mycélium étend ses filaments dans lombre. Il relie les racines, les pierres, les corps oubliés et parfois, les vivants. Là où les champignons poussent, la frontière entre la vie et la mort devient floue, et ce qui semblait inerte se met à écouter, à attendre, à croître. Dans ces nouvelles horrifiques, forêts, maisons abandonnées, gouffres, villages et lieux du quotidien deviennent le théâtre dune contamination lente et inexorable. Les spores flottent dans lair comme une promesse, ou une menace. Elles séduisent, transforment, colonisent. Ceux qui les respirent découvrent trop tard que le monde fongique ne se contente pas de décomposer la mort : il façonne aussi de nouvelles formes dexistence. Au fil des récits, létrangeté glisse du fantastique vers lhorreur la plus organique, telle une descente progressive dans un univers où les corps se mêlent à la terre et où la nature reprend ce qui lui appartient. Car dans lobscurité humide des sous-bois et des ruines, quelque chose attend. Et il suffit parfois dun souffle de spores pour rappeler que, sous la terre comme dans nos corps, un lien ancien et silencieux nous unit au règne fongique.
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