« Cest un sentiment dhumiliation extrême que celui dattendre dêtre bombardé. Après lannonce de lévacuation totale de la banlieue sud de Beyrouth, Israël a pris plus de huit heures avant de pilonner la première fois Haret Hreik, lun des quartiers ciblés. Cette attente nous rappelle seconde après seconde, minute après minute, heure après heure, combien nous sommes vulnérables. Des presque rien. Du bétail à abattre. Rien ne pourra arrêter le déferlement à venir, rien. Ni un politicien, ni une pétition, ni des hurlements. On peut seulement regarder son smartphone, la télévision, le ciel, une trinité comme une autre, son smartphone, la télévision, le ciel, et sécrire des messages : Tu fais quoi ? Tu dors ? Tu crois que cest comme les feux dartifice ? Ça va aller crescendo ? » Sabyl Ghoussoub tient une rubrique intitulée « Nos petites guerres » dans le journal libanais LOrient-Le Jour depuis la reprise de la guerre au Liban. Le pays est, en effet, de nouveau dans la tourmente depuis que, dans la nuit du 1er au 2 mars 2026, le Hezbollah a décidé de sengager dans la guerre déclenchée, le 28 février, par loffensive américano-israélienne contre lIran. Chronique intime du quotidien, cette rubrique raconte la réalité des habitants en temps de guerre. Les difficultés, les échappatoires et les petites choses qui continuent dexister malgré tout.Une longue introduction et près de quarante chroniques (dont certaines sont inédites) sont rassemblées dans cet ouvrage, illustrées par des dessins du bédéiste Charles Berberian.
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